Django Unchained

 Boulevard de la mort se perdait dans des dédales de références pour masquer son manque de vigueur. Les bâtards à la langue trop pendue ont tôt fait de se la mordre quitte à en oublier de faire fuser les vannes. Avec ses deux derniers pétards mouillés, on était en droit de se demander si Quentin avait viré au vinaigre.

 Heureusement, il n'en est rien. Appelons ses deux derniers films des accidents de parcours. Retour sur des bases solides, avec un sujet douloureux quand il n'est pas totalement tabou pour les Américains. Tarantino a donc choisi de se frotter à l'esclavage, avec ce que cela implique en terme d'image et de champ lexical.

Les maltraitances et brimades envers le peuple noir sont clairement présent. Le mot Nègre et ses déclinaisons sont employé à toutes les sauces. N'y voyez aucune provocation de la part du réalisateur. Il ne fait que dépeindre la réalité de ce passé tourmenté.

 Pourtant, n'allez pas croire que Tarantino est devenu un de ces réalisateurs barbants cherchant à faire un documentaire larmoyant. Il demeure un virtuose du dialogue et de la mise en scène. Avec son tandem aussi improbable qu'efficace campé par Christoph Waltz et Jamie Foxx, il nous fait parcourir les plaines Nord-Américaines à dos de canasson. Normal pour un film qui revêt les habits du Western Spaghetti. Les colts sifflent au rythme des musiques d'Ennio Morricone et des répliques punchlinés de Maître Quentin.

 Hélas, ils leur arrivent aussi de s'enrayer au son râpeux d'un mix hasardeux de 2Pac avec James Brown, ou encore avec le flow de Rick Ross. Ces deux morceaux n'ont rien de répréhensible en soi, mais ce choix s'avère discutable tant il détonne avec l'univers Western conféré par Q.T. Il s'agit ni plus ni moins d'un viol du genre, comme si l'on avait décidé de faire marcher en cadence Dark Vador sur les paroles d'Eminem.

 Cependant, on se doute bien que ce choix peu orthodoxe s'accorde avec le héros, et de manière plus large avec les esclaves. Un besoin de rattacher la culture musicale avec l'origine ethnique des personnages en présence. A moins qu'il ne s'agisse d'une pommade pour mieux faire passer la pilule d'un sujet délicat auprès d'une communauté toujours marquée.

 Quoi qu'il en soit, cela ne risque pas d'empêcher Django de se hisser parmi les meilleurs films de Tarantino. Grâce notamment à un casting de haute volée, des répliques Tarantinesques et un sens de la mise en scène retrouvé pour notre plus grand bonheur.

critique, django unchained, quentin, tarantino

dimanche 20 janvier 2013 19:54 , dans Pause cinoche



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